Qu'est-ce que le rapé ? Le guide pour les débutants

En bref

  • Le rapé (prononcé « ha-pé ») est une fine poudre végétale originaire d’Amazonie.
  • Les Huni Kuin le fabriquent à la main à partir de plantes broyées et de cendres d’arbres.
  • Vous vous administrez le rapé à l’aide d’une kuripe, une pipe en forme de V.
  • Commencez doucement, avec un bon début comme le tsunu, le rosa ou le murici.
  • Réservé aux adultes (18 ans et plus). Le rapé n’est pas un médicament et ne remplace pas un avis médical.

Par Kevin Lorenzini | Temps de lecture : environ 8 minutes

Il y a un moment où vous sentez qu’il vous manque quelque chose. Pas dans votre vie, mais en vous. Un silence que vous ne parvenez plus à trouver. Beaucoup de personnes qui se tournent vers le rapé recherchent précisément cela. Non pas une évasion, mais un retour : revenir à soi.

Le rapé est utilisé depuis longtemps par les peuples autochtones d’Amazonie comme outil cérémoniel de purification, d’ancrage et de connexion au plus grand que soi. Ces dernières années, il trouve également son chemin aux Pays-Bas.

Je suis Kevin Lorenzini, chef de cérémonie et fondateur de Purity Healing. Je suis chaque jour en contact avec un village Huni Kuin de l’Acre et j’apprends d’eux comment le rapé est fabriqué. Tout ce que vous lisez ici provient de ce contact et de ma propre expérience.

1. Qu’est-ce que le rapé ?

Le rapé est une fine poudre que l’on utilise par les voies nasales. C’est la description la plus simple. Mais elle ne rend pas justice à ce qu’il est.

Le rapé est une poudre végétale cérémonielle. Il est fabriqué à partir de plantes broyées et de cendres d’arbres ou de plantes, comme le tsunu. Il est préparé avec une intention et utilisé avec respect.

Le mot « rapé » vient du français : râpé signifie « finement râpé ». On le prononce « ha-pé ». C’est pourquoi vous trouverez aussi l’orthographe hapé. Les peuples d’Amazonie ont leurs propres noms pour le désigner. Le nom varie, mais l’essence reste la même : une connexion directe avec la plante et avec la forêt.

Le rapé n’est pas une substance récréative

Le rapé n’est pas une drogue au sens occidental. On ne l’utilise pas pour fuir la réalité ou chercher un état second. Dans la tradition autochtone, c’est une plante sacrée et un outil cérémoniel. Ce n’est pas un médicament au sens occidental. Le rapé n’est pas une substance récréative. On l’utilise en pleine conscience, avec une intention.

Le rapé n’est pas adapté aux personnes de moins de 18 ans.

2. Les Huni Kuin : les créateurs

Pour comprendre le rapé, il est utile de connaître les personnes qui le fabriquent. Les Huni Kuin sont le plus grand peuple autochtone de l’État de l’Acre, en Amazonie brésilienne. Huni Kuin signifie « les Vrais Hommes ». Ils vivent le long des rivières Tarauacá, Jordão, Breu, Muru et Purus. Vous lirez parfois aussi le nom Kaxinawá. Ce nom leur a été imposé. Ils ont eux-mêmes choisi le nom Huni Kuin, et nous aussi.

Le rapé fait partie de la vie quotidienne des Huni Kuin : des cérémonies, de l’écoute mutuelle et de l’écoute de la forêt.

Purity Healing et les Huni Kuin

Notre rapé provient directement des Huni Kuin, sans intermédiaire. Ils reçoivent le prix qu’ils demandent. Je ne négocie jamais. De plus, une partie des bénéfices revient au village. Je ne nomme jamais délibérément mon village ni les personnes qui y vivent. Je souhaite protéger leur tranquillité.

3. Voici comment le rapé est fabriqué

Tout se fait à la main. Aucune machine n’est utilisée.

Des cendres végétales. C’est la caractéristique d’un type de rapé. Les cendres proviennent de l’écorce, des branches ou des feuilles d’un arbre ou d’une plante. L’arbre choisi détermine le caractère du rapé. Le tsunu (Platycyamus regnellii) a un caractère différent du mulateiro (Calycophyllum spruceanum) ou du samaúma (Ceiba pentandra).

Des feuilles et des fleurs issues de la tradition. Selon le mélange, d’autres plantes sont ajoutées, comme des pétales de rose séchés ou du cacao sauvage.

La préparation. Les feuilles sont séchées et broyées finement. Le soleil les réduit davantage en poussière. Ensuite, le tout passe à travers un grand tamis. Pendant le travail, on chante et on prie. Le résultat est extrêmement fin, presque poudreux. Le rapé que vous voyez ailleurs est souvent un peu plus grossier et granuleux. Sa structure fine témoigne de tout le travail manuel qui a été fourni.

Dès qu’une livraison arrive, le rapé est immédiatement placé dans un flacon sombre qui bloque les rayons UV. Ainsi, les prières et les chants restent conservés dans le flacon. Lorsque vous l’ouvrez, vous sentez à quel point il est frais.

4. Comment les personnes vivent-elles le rapé ?

Chacun vit le rapé différemment. Voici ce que beaucoup de personnes décrivent :

Les premières minutes. La poudre entre en contact avec la muqueuse nasale et vous le sentez immédiatement. Une vague vive et chaude. Votre attention se tourne vers l’intérieur. Les larmes aux yeux, le nez qui coule et parfois des nausées en font partie. Dans la tradition, on appelle cela la purge : lâcher prise. Ne résistez pas.

L’atterrissage (environ 3 à 15 minutes). Les choses deviennent plus calmes. Beaucoup de personnes remarquent que leur esprit s’apaise et que leur attention se tourne vers leur corps.

Ensuite. Beaucoup de personnes se sentent légères et purifiées, avec une présence calme et claire. Parfois pendant une demi-heure, parfois pendant plusieurs heures. Prenez le temps nécessaire. Restez assis, écrivez, bougez doucement.

Ceci est un témoignage, pas une promesse. Le rapé n’est pas un médicament au sens médical. Cet article ne contient aucune affirmation médicale et ne remplace pas un avis médical. En cas de doute, consultez un médecin.

5. Voici comment utiliser le rapé

Vous vous administrez le rapé à l’aide d’une kuripe : une pipe en forme de V. L’extrémité courte va dans votre bouche, l’extrémité longue près de votre narine. Cela demande un peu d’entraînement. Vous êtes à la fois celui qui donne et celui qui reçoit.

Étape par étape :

  1. Fixez une intention. De quoi voulez-vous vous libérer ? Que voulez-vous recevoir ?
  2. Asseyez-vous bien droit, le dos droit et la tête légèrement inclinée.
  3. Mettez une petite quantité dans la kuripe. Environ la taille d’un pois.
  4. Expirez complètement. Puis soufflez de manière régulière et puissante.
  5. Fermez les yeux et respirez par la bouche. Restez assis.
  6. Répétez de l’autre côté. Dans la tradition, on commence par la gauche (pour lâcher prise), puis par la droite (pour recevoir).
  7. Laissez-vous du temps. Laissez venir ce qui vient.

C’est votre première fois ? Commencez doucement. Il est toujours plus facile d’en prendre davantage que de regretter d’en avoir pris trop. En savoir plus sur « Utiliser le rapé en toute sécurité ».

6. L’intention

L’intention est la direction. C’est la réponse à la question : pourquoi est-ce que j’utilise cela, maintenant ?

Exemples :

  • « Je veux me libérer de ce qui me pèse depuis des mois. »
  • « Je veux y voir clair dans un choix qui s’offre à moi. »
  • « Je veux être présent dans mon corps, et non dans ma tête. »
  • « Je veux ressentir une connexion avec quelque chose de plus grand que moi. »

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise intention. Seulement une intention sincère ou non.

7. Le rapé et les autres cérémonies

Le rapé ne se suffit pas à lui-même. Chez Purity Healing, je travaille également avec le kambo et le sananga.

Le kambo est la sécrétion de la grenouille géante de l’Amazonie (Phyllomedusa bicolor). Une cérémonie de kambo est intense et physique. Chez Purity Healing, elle est toujours précédée d’un entretien et d’un bilan de santé. En savoir plus sur le kambo.

Le sananga est un collyre originaire d’Amazonie. Il est utilisé depuis longtemps dans des rituels, avant la chasse et avant les cérémonies. Découvrir le sananga.

8. Sécurité

Le rapé est puissant. La puissance implique des responsabilités.

N’utilisez pas le rapé si :

  • vous êtes enceinte ou allaitez
  • vous souffrez de graves problèmes cardiaques ou vasculaires
  • vous prenez certains médicaments psychiatriques (demandez à votre médecin)
  • vous traversez une crise émotionnelle aiguë sans accompagnement
  • vous souffrez d’une tension artérielle très élevée
  • vous avez moins de 18 ans

Utilisez-le toujours avec respect :

  • Commencez par une petite quantité.
  • Utilisez-le en pleine conscience, et non par habitude.
  • Ne l’utilisez jamais avec de l’alcool ou des drogues.
  • Prévoyez un lieu et un moment sûrs pour atterrir.
  • Vous débutez ? Utilisez-le en compagnie ou faites-vous accompagner.

Vous travaillez avec le rapé pour la première fois, surtout en association avec le kambo ou le sananga ? Dans ce cas, un accompagnement est vivement recommandé. J’anime des séances privées à Nuenen et Eindhoven. N’hésitez pas à m’envoyer un message.

9. Comment choisir le bon rapé ?

Tout commence par votre intention. Voici un bref guide. La puissance est indiquée entre parenthèses (sur une échelle de 1 à 7). Le caractère suit l’étiquette.

Si vous débutez

  • Tsunu (5 sur 7) : profondément ancrant, énergisant, équilibrant. Puissant, mais idéal pour commencer.
  • Rosa (3 sur 7) : le plus doux, harmonisant et féminin.
  • Murici (5 sur 7) : favorise la compréhension et le recentrage.

Si vous souhaitez vous ancrer

  • Caneleiro (5 sur 7) : tsunu associé aux cendres de cannelle-de-velho. Équilibre et force.
  • Murú (7 sur 7) : force, feu et ancrage profond.
  • Cacau (4 sur 7) : chaleur et réconfort.

Si vous souhaitez approfondir

  • Mulateiro (5 sur 7) : profondément ancrant, avec résilience et vitalité.
  • Samaúma (6 sur 7) : la reine de la jungle.
  • Katsarau (5 sur 7) : profondeur et concentration.

Pour les utilisateurs expérimentés

Vous hésitez ? Consultez l’aide au choix ou commencez par un kit d’échantillons.

10. En conclusion

On n’apprend pas à connaître le rapé en lisant à son sujet. On le découvre en l’utilisant en pleine conscience. À chaque fois, on apprend quelque chose de nouveau, surtout sur soi-même.

Découvrir la collection

À propos de l’auteur : Kevin Lorenzini est chef de cérémonie et fondateur de Purity Healing. Il anime des cérémonies de kambo et de sananga à Nuenen et Eindhoven. Purity Healing n’est ni une thérapie ni un traitement médical.

À lire également : tous les types de rapé expliqués · utiliser une kuripe · qu’est-ce que le sananga ? · qu’est-ce qu’une cérémonie de kambo ?

Sortez du magasin

S'adapte à cet article

Connaissance de la Forêt

Voir aussi

Retour à Connaissance de la Forêt